Culture, patrimoine et diversité


Sud-Est de l’Europe : Projets pilotes de développement local (LDPP)

 

Monténégro

Lac de Skadar

 


Le lac de Skadar, le plus grand du Sud-est de l’Europe, trace une frontière naturelle entre le Monténégro et l’Albanie. Les montagnes à l’arrière-plan et les petites îles dont il est parsemé soulignent le pittoresque d’un paysage unique en son genre. Les rives du lac abritent un patrimoine culturel et naturel exceptionnellement riche et varié dont la protection, la préservation et la gestion sont assurées par le « Parc national du Lac de Skadar ». Les zones humides le long des rives, les prairies inondées et la flore des marais constituent un important habitat pour les oiseaux, protégé en tant que « site Ramsar ». Les sites archéologiques témoignent d’une présence humaine millénaire et les monuments historiques y abondent : monastères et forteresses du Moyen-Âge, fortifications de l’Empire ottoman, architecture vernaculaire des villages de pêcheurs. L’artisanat traditionnel y est toujours pratiqué ; la pêche et l’agriculture ont constitué de tout temps les activités principales des habitants, auxquelles se substituent aujourd’hui peu à peu le tourisme et quelques rares activités industrielles et commerciales.

Proche de l’aéroport et du littoral, cet exceptionnel patrimoine naturel et culturel était cependant considéré comme menacé en 2008, au moment du lancement du projet pilote de développement local (LDPP). En raison de l’utilisation croissante de pesticides, l’agriculture est une source de pollution de l’eau, comme le sont les activités industrielles. La pêche illicite vide le lac de sa ressource la plus précieuse. Les décharges illégales portent atteinte à l’environnement naturel et à la biodiversité. Le recours inadapté à des matériaux contemporains sur des ouvrages historiques en méconnaît la nature historique, l’altère et la gomme, anéantissant ainsi l’atmosphère d’antan. Les faibles perspectives d’emploi poussent les jeunes à émigrer, laissant sur place une population âgée. De plus en plus de localités sont désertées. Le Parc national ne coopère guère au plan commercial avec les agriculteurs et les pêcheurs qui se regroupent rarement en coopératives ou autres associations.

Le recours à des techniques et méthodes obsolètes se traduit dans l’agriculture et la pêche par une faible productivité et de maigres résultats, reléguant ces activités à un rang secondaire, sans que s’observe pour autant la mise en place d’une offre touristique intégrée. Celle-ci fait toujours défaut. Des questions en suspens touchant au droit de propriété et d’autres entraves à des activités commerciales découragent les investisseurs. S’y ajoutent le chevauchement de certaines compétences entre les instances locales et nationales et le manque de coopération et de communication qui ne font qu’aggraver une situation qui semble imperméable aux changements.

Le LDPP du lac de Skadar a démarré en 2008. Il était censé renforcer les partenariats entre les acteurs locaux et nationaux impliqués dans l’aménagement du territoire du lac. Lancé par le ministère de la Culture, il avait obtenu le soutien de plusieurs autres ministères, et plusieurs activités avaient efficacement contribué à l’adoption d’une nouvelle approche participative. L’unité technique (PIU) avait été mise en place par le Parc national du lac de Skadar qui l’hébergeait dans ses bureaux. D’importantes activités de communication avaient été menées. Cela étant, le projet de diagnostic du territoire n’a pas atteint l’objectif global de la Phase de Diagnostic ; la non-validation du document en 2012 a marqué le coup d’arrêt du LDPP.



 

Quelques chiffress

Région pilote : Lac de Skadar


Superficie : 400 km²


Population : 12474