Une
table ronde à haut niveau consacrée aux
normes internationales adoptées pour éradiquer la violence
sexuelle sur les enfants s'est tenue le 28 février 2011
à New York, en marge de la 55e Session de la Commission de la condition
de la femme.
Il y a été question du contenu et de la complémentarité des deux textes
juridiques internationaux les plus importants dans ce
domaine : le Protocole facultatif à la Convention des Nations Unies
relative aux droits de l'enfant, concernant la vente d'enfants, la prostitution des
enfants et la pornographie mettant en scène des enfants
et la Convention du Conseil de l'Europe sur la
protection des enfants contre l'exploitation et les abus
sexuels (convention de Lanzarote).
L'ONU et le Conseil de l'Europe font
tous deux campagne pour la ratification de ces traités
dont l'application combinée créerait les conditions
nécessaires pour lutter efficacement contre la violence
sexuelle sur les enfants au niveau national
et international.
La convention de Lanzarote est considérée comme le texte
juridique le plus complet en la matière, dont devraient
s'inspirer les actions au niveau mondial, tandis que le Protocole facultatif
pourrait créer, de par sa ratification universelle, un espace juridique universel commun
à l'échelle mondiale pour
s'attaquer aux pires formes de violence sexuelle.
S'exprimant sur la nécessité de communiquer sur
l'ampleur du phénomène, Mme de Boer-Buquicchio,
Secrétaire générale adjointe du Conseil de l'Europe,
a présenté la
campagne UN sur CINQ comme un outil émancipateur
qui répond à des besoins concrets et ouvre des
possibilités d'intervention à tous les acteurs de la
société.
La Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU
sur la violence à l'encontre des enfants, Mme Marta
Santos Pais,
a souligné en particulier la nécessité de mettre
en place des mécanismes de signalement et de dépôt de
plainte adaptés aux enfants.
Mme Gordana Buljan Flander
a décrit le fonctionnement du Centre de
protection de l'enfance qu'elle dirige en Croatie et
donné un exemple concret de l'intérêt d'une bonne
coordination entre les différents professionnels appelés
à intervenir dans les affaires de violence sexuelle.
Elle a également montré de quelle manière les
enseignements tirés d'événements survenus peuvent
déboucher sur des actions d'information à destination
des enfants, des parents ou des professionnels.
Les participants ont aussi souligné le rôle clé
joué par les parlementaires dans la ratification et
l'application des traités internationaux. Mme Maria Stavrositu,
députée roumaine et membre de l'Assemblée parlementaire
du Conseil de l'Europe,
a mentionné la création d'un réseau de
correspondants parlementaires soutenant la convention de
Lanzarote et la campagne UN sur CINQ.
L'hôte et président de la table ronde, l'ambassadeur
d'Ukraine Youri Sergueïev, a souligné l'engagement de
son pays en faveur des droits de l'enfant ainsi que les
récentes mesures prises pour lutter contre la traite
d'enfants. L'Ukraine exercera bientôt la présidence du
Comité des Ministres du Conseil de l'Europe et fera des
droits de l'enfant l'une des priorités de son programme.