Coordinateur pour
les migrations

Travaux des partenaires par thèmes - ONGs, Think-tanks : Migration irrégulière

UE : Il faut améliorer les secours en mer pour les migrants et leur donner refuge
Bruxelles, 23 octobre 2013

Les chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne (UE), réunis à Bruxelles les 24 et 25 octobre 2013, devraient adopter d'urgence des mesures afin d'améliorer les secours en mer pour les migrants et les demandeurs d'asile qui tentent d'atteindre les côtes de l'Europe, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le sommet devrait également s'engager à prendre d'autres mesures visant à faciliter l'accès des réfugiés en provenance de Syrie et protéger leurs droits, alors qu'ils ont de plus en plus recours à de dangereuses tentatives d'émigration par voie maritime.

Les dirigeants de l'UE ont accepté de discuter de la migration maritime en Méditerranée lors de ce sommet prévu de longue date du Conseil européen, après que plus de 360 personnes, pour la plupart originaires d'Érythrée et de Somalie, sont mortes dans le naufrage de leur embarcation au large de l'île italienne de Lampedusa le 3 octobre. Un peu plus d'une semaine plus tard, le 11 octobre, un autre bateau a chaviré dans le détroit de Messine près de la Sicile. Au moins 36 cadavres ont été repêchés et 206 Syriens et Palestiniens ont été secourus.

« Les dirigeants de l'UE devraient aller au-delà de l'expression de regrets et s'engager à agir de manière concrète pour empêcher de nouveaux décès de migrants en mer », a déclaré Judith Sunderland, directrice adjointe par intérim de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Il est nécessaire que de nouvelles propositions soient faites pour renforcer la surveillance en Méditerranée, qui soient focalisées sur le sauvetage de vies humaines plutôt que sur le refus d'octroyer l'accès au territoire européen. » […]

Lampedusa : l’Europe assassine
Paris, 10 octobre 2013

Le nouveau naufrage dans lequel ont péri ou disparu, tout près de l’île de Lampedusa, au moins 300 personnes parmi les 500 passagers d’un bateau en provenance de Libye, n’est pas dû à la fatalité. En 2010, au même endroit, deux naufrages simultanés avaient provoqué près de 400 victimes. En 2009, 200 personnes se sont noyées au large de la Sicile. Pour les seuls six premiers mois de l’année 2011, le HCR estimait à 1 500 le nombre de boat people ayant trouvé la mort en tentant d’atteindre les rives de l’île de Malte ou de l’Italie. Depuis le milieu des années 90, la guerre menée par l’Europe contre les migrants a tué au moins 20 000 personnes en Méditerranée.

La guerre ? Comment nommer autrement la mise en place délibérée de dispositifs de contrôles frontaliers destinés, au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, à repousser celles et ceux que chassent de chez eux la misère et les persécutions ? Ces dispositifs ont pour nom Frontex, l’agence européenne des frontières, qui déploie depuis 2005 ses navires, ses hélicoptères, ses avions, ses radars, ses caméras thermiques et bientôt ses drones depuis le détroit de Gibraltar jusqu’aux îles grecques pour protéger l’Europe des « indésirables ». Ou encore Eurosur, un système coordonné de surveillance qui, depuis 2011, fait appel aux technologies de pointe pour militariser les frontières extérieures de l’Union européenne afin de limiter le nombre d’immigrants irréguliers qui y pénètrent. Comment nommer autrement la collaboration imposée par l’Europe aux pays de transit des migrants – Libye, Algérie, Tunisie, Maroc – afin qu’ils jouent le rôle de gardes-chiourmes et les dissuadent de prendre la route du nord, au prix de rafles, arrestations, mauvais traitements, séquestrations ? […]

Les Etats membres de l’Union Européenne doivent reconnaître le coût humain de leur politique migratoire répressive
Rome & Bruxelles, 9 octobre 2013

Alors qu’une délégation de dirigeants européens et italiens se rend sur l’île sicilienne de Lampedusa ce mercredi 9 octobre pour rendre hommage aux nombreuses victimes qui ont tragiquement perdu la vie en essayant d'atteindre les côtes européennes, Médecins Sans Frontières appelle les Etats membres de l’Union Européenne (UE) à reconnaître le coût humain de leur politique migratoire répressive.

Les Etats doivent concentrer leurs efforts non pas sur la fermeture de leurs frontières aux plus vulnérables mais sur la protection de vies humaines, à travers des opérations de sauvetage en mer plus efficaces et l’amélioration des conditions d'accueil.

Depuis janvier, près de 30 000 personnes en provenance de Libye, d’Egypte ou de Syrie ont rejoint l’Italie par bateau pour la plupart, fuyant violences ou conflits et requerrant une protection internationale. Le 3 octobre, un bateau transportant près de 500 personnes, Érythréens et Somaliens principalement, a pris feu puis sombré à quelques kilomètres des côtes italiennes entraînant la mort de près de 300 passagers, dont des enfants. Ces victimes s’ajoutent aux dizaines de milliers de réfugiés et migrants disparus en mer Méditerranée alors qu’ils se rendaient en Europe à la recherche d’une vie meilleure et plus sûre. […]

Lampedusa tragic shipwreck: a wake-up call for the European Union?
Paris, 8 octobre 2013

Open letter to EU Interior Ministers and Commissioner for Home Affairs:

"Dear Ministers,

As the Council is set to debate the tragic events which occurred off the coast of Lampedusa, Italy on 3 October, causing the death of at least 300 people, and ahead of President Barroso’s visit to Lampedusa tomorrow, we are writing to call on the European Union and its member states to take urgent measures to prevent further loss of life.

This latest tragedy occurred when a boat, which had set off from Libya heading for Italy, with more than 500 people on board, mainly from Eritrea and Somalia, caught fire and sank approximately one kilometre from the shore of Lampedusa. These events are yet another grim reminder of the tragic fate of increasing numbers of migrants who cross the Mediterranean to seek protection and a better life in Europe". […]

Italy: More than 100 migrants die in second horrific shipwreck this week
Italie, 3 octobre 2013

The Italian authorities and the European Union must redouble efforts to patrol their shores and assist migrants in order to prevent further tragic loss of life, Amnesty International said after at least 100 people, including children, perished off the coast of Italy on Thursday morning.

The boat – which was reportedly from Libya – was apparently carrying more than 500 migrants, mainly from Eritrea and Somalia, when it caught fire and sank off the Italian island of Lampedusa. Around 120 people have been rescued and more than 100 bodies have so far been brought to shore. Many more are still missing.

"The waters around the small island of Lampedusa have again tragically become a graveyard for migrants. These grim events keep repeating themselves as thousands of people make the perilous trip across the Mediterranean to seek protection or a better life", said Jezerca Tigani, deputy director of Amnesty International’s Europe and Central Asia Programme. […]