Il faudrait renforcer les droits de l'homme des Roms et la cohésion sociale, déclare le Commissaire Muižnieks à Skopje

Skopje, 29/11/2012 - « Les autorités de « l'ex-République yougoslave de Macédoine » devraient s’attaquer plus énergiquement aux facteurs qui continuent de compromettre la cohésion sociale dans ce pays multiethnique. Des initiatives ciblées sont nécessaires pour établir un climat de confiance et promouvoir les relations sociales entre les communautés, ainsi que pour combattre la discrimination et mettre fin à l’exclusion sociale, notamment des Roms », a déclaré Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, à l’issue d’une visite de quatre jours dans ce pays.

Certes, les Roms sont représentés sur le plan politique et une loi contre la discrimination a été adoptée, mais on observe aussi la persistance de l’exclusion sociale, de la marginalisation et de mauvaises conditions de vie. Le Commissaire a été frappé par le nombre disproportionné d'enfants roms placés dans des établissements scolaires spéciaux, destinés aux enfants ayant des difficultés d'apprentissage, où 60 % des élèves seraient roms. « Il s'agit là d'un problème majeur. Les enfants roms doivent être scolarisés dans des établissements ordinaires. Les mesures de ségrégation des Roms doivent immédiatement être remplacées par des mesures d’intégration. »

Le problème de l’apatridie et de l’absence de documents d’identité personnels continue de toucher de nombreux Roms, y compris des enfants, et de les priver de l’accès aux services de base. « Des documents personnels sont nécessaires pour exercer toute une série de droits de l'homme. Il faudrait poursuivre les efforts visant à fournir des documents d’identité aux Roms. » Le Commissaire est également préoccupé par les allégations de profilage ethnique par les autorités, pratique qui empêcherait nombre de Roms de quitter le pays et de profiter de la possibilité de voyager sans visa instaurée il y a trois ans. « Ces mesures pourraient être contraires à certaines normes internationales, concernant notamment la liberté de quitter son pays et le droit de demander l’asile, et risquent d’aggraver encore la discrimination envers la minorité rom. »

Le Commissaire note que plusieurs objectifs importants ont été atteints depuis la signature de l’accord-cadre d’Ohrid, qui avait mis fin au conflit de 2001. Ainsi, les différentes composantes de la population sont désormais représentées de manière plus équitable dans le secteur public, en particulier dans la police et les forces de sécurité. Toutefois, certaines conséquences du conflit n’ont pas encore été entièrement effacées. « Il faut prendre des mesures pour que les violations graves des droits de l'homme ne restent pas impunies et déterminer ce que sont devenues les personnes encore portées disparues. Des solutions durables pour les 90 personnes toujours hébergées dans six centres collectifs sont en vue et doivent être mises en œuvre de toute urgence. »

Enfin, le Commissaire a été informé de l’existence de sérieuses préoccupations quant à la manière arbitraire dont serait appliquée la loi de lustration. « Il convient de saluer la décision de la Cour constitutionnelle de solliciter l’avis des experts de la Commission de Venise sur cette question. »


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