Andorre : « Les lacunes qui subsistent encore en matière de protection des droits de l'homme doivent être comblées »
Andorre-la-Vieille, 17/02/12
– « Les autorités andorranes entendent respecter leur obligation de
garantir la protection des droits de l'homme dans la Principauté.
Toutefois, des efforts supplémentaires sont nécessaires, par exemple
pour prévenir la violence domestique, protéger contre la discrimination
et promouvoir un suivi national indépendant des normes des droits de
l'homme » a déclaré le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de
l'Europe, M. Thomas Hammarberg, au terme d’une visite de deux jours dans
le pays.
Le Commissaire recommande aux autorités de continuer à apporter en
priorité une assistance aux victimes de violences domestiques et à leur
permettre de séjourner plus longtemps dans le centre d’accueil. « Comme
ailleurs, les victimes de violences domestiques en Andorre ont tendance
à souffrir en silence. Des mesures visant à mieux protéger ces personnes,
qui sont en majorité des femmes, doivent être adoptées, notamment un
recours plus large à des injonctions d’éloignement afin de contraindre
les auteurs des violences à quitter le domicile conjugal, l’adoption
d’une loi portant tout particulièrement sur la violence fondée sur le
sexe, la sensibilisation de l’opinion pour faire tomber les stéréotypes
culturels et la mise en place de moyens pour vaincre la réticence à
signaler le problème que manifestent souvent les personnes exposées à la
violence ». Le Commissaire Hammarberg appelle également à une
interdiction expresse des châtiments corporels infligés aux enfants.
S’agissant des questions de discrimination, le Commissaire invite le
Gouvernement andorran à assouplir les conditions requises pour demander
la nationalité andorrane. « Comme les autorités andorranes l’ont reconnu
elles-mêmes, les vingt années de résidence exigées des demandeurs
représentent une durée beaucoup trop longue. A ce propos, le Commissaire
recommande à la Principauté de ratifier la
Convention européenne sur la nationalité ».
La discrimination à l’égard des personnes handicapées dans les secteurs
de l’emploi, de l’éducation, de l’accès aux soins de santé ou concernant
la prestation d'autres services publics est interdite. Cependant, des
organisations non gouvernementales ont souligné qu’il y avait un fossé
entre ce qui est écrit dans la loi et ce qu’est la situation en réalité.
« Ce fossé doit être comblé » a ajouté le Commissaire, « il faut
sensibiliser davantage l’opinion publique aux droits des personnes
handicapées et à la nécessité de supprimer tous les obstacles, physiques
et culturels, qui empêchent les personnes handicapées de vivre dans la
dignité ».
Certains des fonctionnaires que le Commissaire a rencontrés ont souligné
qu’il fallait procéder à une évaluation pour garantir la bonne
application et l’efficacité du programme d’aide sociale. C’est d’autant
plus important en période de crise économique. S’agissant du suivi des
normes des droits de l'homme par des organismes nationaux indépendants,
le Commissaire juge nécessaire de renforcer le système national afin de
s’assurer que le pays dispose d’un mécanisme national de prévention de
la torture.
Enfin, étant donné qu’en novembre prochain, Andorre prendra la
présidence du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, le
Commissaire recommande la ratification de plusieurs traités dont les
Conventions du Conseil de l'Europe sur La prévention et la lutte contre
la violence à l’égard des femmes et la violence domestique et
La protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels
ainsi que la
Convention des Nations Unies relative aux droits des
personnes handicapées.
Contact Presse au bureau du Commissaire::
Stefano Montanari, +33 (0)6 61 14 70 37;
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