Moldova : le temps est venu de renforcer la protection des droits des personnes handicapées, des Roms et des autres groupes vulnérables
Chisinau, 21/10/11 –
« L’adoption rapide d’une législation complète contre la discrimination
contribuerait beaucoup à une protection plus effective des droits des
groupes vulnérables en Moldova », a déclaré le Commissaire aux droits de
l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, à l’issue d’une
visite de trois jours dans ce pays. « Cette adoption devrait
s’accompagner d’une campagne d’éducation et de sensibilisation du
public, destinée à favoriser une mise en œuvre efficace de la
législation. »
Au cours de sa visite, le Commissaire s’est intéressé plus
particulièrement à la lutte contre la discrimination et à la promotion
de la tolérance dans la société, ainsi qu’aux questions de droits de
l'homme liées aux événements d’avril 2009. Il a salué la détermination
des institutions gouvernementales compétentes à promulguer la loi contre
la discrimination, malgré la forte opposition de certains groupes.
Le Commissaire s’est dit préoccupé par les propos homophobes et
islamophobes tenus par des membres de la classe politique et d’autres
personnalités lors des débats sur cette loi importante. « Ce discours
stigmatisant ne doit pas conduire à retarder l’approbation de la loi par
le parlement », a estimé le Commissaire.
Par ailleurs, le Commissaire a examiné la situation de la communauté rom
dans le pays. « Il faudrait prendre des mesures complémentaires pour
promouvoir l’intégration sociale des Roms, et notamment leur accès à
l’emploi », a-t-il déclaré après s’être rendu dans un campement rom. «
Il faudrait veiller tout particulièrement à garantir l’accès des Roms à
l’eau et au système de soins, ainsi que l’intégration des enfants roms
dans les établissements scolaires. »
Le Commissaire est aussi revenu sur les mesures adoptées suite aux
événements d’avril 2009 et sur les recommandations figurant dans son
dernier rapport consacré à la Moldova, notamment sur celles qui
concernent la lutte contre le recours de la police aux mauvais
traitements et contre l’impunité des policiers. Il a noté que le
gouvernement avait pris des mesures en ce sens, comme en témoignait la
création d’unités spéciales de lutte contre la torture au sein du
parquet général.
Dans le même temps, le Commissaire a souligné la nécessité de s’employer
plus activement à mener des enquêtes et à déférer à la justice tous les
responsables des violations graves des droits de l'homme commises lors
des manifestations d’avril 2009. Il a déclaré partager l’avis exprimé
par plusieurs de ses interlocuteurs, y compris des membres du
gouvernement, selon lequel le processus de détermination des
responsabilités est trop lent et les résultats obtenus à ce jour ne
peuvent pas être jugés satisfaisants.
Enfin, le Commissaire a pris note de l’intention du gouvernement
d’engager une vaste réforme de la justice, généralement considérée comme
une étape importante du renforcement de la prééminence du droit et du
respect des droits de l’homme en Moldova.
Contact presse au bureau du Commissaire :
Stefano Montanari, +33 (0)6 61 14 70 37;
stefano.montanari@coe.int
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