Rhétorique anti-Roms en Europe : les politiciens doivent éviter d’alimenter les préjugés

Strasbourg, 09/09/10  – Le Gouvernement français a réagi à mes propos sur la rhétorique anti-Roms. Je m’en réjouis et j’espère qu’une discussion sérieuse pourra s’engager. Je maintiens bien sûr ma position : les personnalités politiques devraient faire très attention à ne pas employer de termes qui risquent d’alimenter les préjugés à l’encontre des communautés roms.

Dans le cadre de la campagne actuellement menée par le Gouvernement français contre la délinquance, des Roms originaires d’autres pays de l’Union européenne ont été accusés de représenter une « menace pour l’ordre public ». Les représentants du Gouvernement français n’ont pas fait clairement la distinction entre les immigrés roms dans leur ensemble et les quelques membres de ce groupe qui ont effectivement commis des infractions.

Cela est d’autant plus grave que l’antitsiganisme gagne du terrain dans de nombreux pays européens et que des partis extrémistes tentent d’exploiter cette tendance. Leur propagande ressemble d’ailleurs beaucoup à celle qui était faite dans les années 30 et 40 par les fascistes et les nazis. Il faut se garder de toute déclaration et de tout acte à caractère politique qui pourraient promouvoir ces idées.

Les déclarations négatives de personnalités politiques influentes peuvent avoir des conséquences qui ne doivent pas être sous-estimées. Ainsi, à la suite des propos malheureux tenus par certains candidats aux élections italiennes de 2008, des actes odieux ont été commis à l'encontre de Roms et de leurs campements. Des personnes à l'esprit dérangé avaient interprété ces messages politiques comme un encouragement à passer à l’action. L'an dernier, en Hongrie, six Roms, dont un enfant de cinq ans, ont été froidement assassinés, ce qui est une preuve supplémentaire de la persistance d’un risque de violences à l’encontre des Roms.


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Nils Muižnieks
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