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M. Roland Ries
Maire de Strasbourg

Strasbourg, le 25 juillet 2011

Objet : École Européenne à Strasbourg : demande de création d’un groupe de travail pour l’adapter aux besoins présents et futurs

Désirée de longue date, l’École Européenne à Strasbourg a finalement ouvert ses portes en Septembre 2009 grâce à l’engagement des autorités françaises. Le succès immédiat de cette école a montré qu’elle répondait à un réel besoin pour ce type d’enseignement européen à Strasbourg. Malheureusement, ces capacités d’accueil étant très limitées, il est déjà nécessaire de trouver des ajustements capables de répondre de manière durable aux besoins des familles basées à Strasbourg.

Par conséquent, nous faisons appel à vous afin d’établir un groupe de travail chargé de réévaluer l’ensemble des possibilités d’éducation internationale à Strasbourg. Ce groupe de travail pourrait idéalement inclure le Ministère de l’Education, l’Inspection Académique, la Préfecture, la Ville de Strasbourg et les autorités régionales en charge de l’éducation, ainsi que les Institutions Européennes, y inclut le Conseil de l’Europe. En outre, il serait également utile d’élargir l’actuel Comité de Pilotage de l’Ecole européenne pour y inclure tous les acteurs concernés qui, à ce jour, en sont exclus.

Dans la lettre que nous vous avions adressée l’année dernière (voir la correspondance en annexe) nous vous avons alertée du fait que l’école était pleine après seulement deux années de fonctionnement. Cette année encore, plus de 250 élèves ont été refusés, dont certains avec des frères et sœurs déjà dans l’école et d’autres qui y ont candidaté trois ans de suite. Bien que ceci témoigne clairement de l’excellence de l’école, ce constat reflète également la forte demande pour ce type d’enseignement européen menant au Baccalauréat Européen tout en mettant en lumière l’insuffisance d’autres options locales disponibles, ce qui est dommage pour une ville comme Strasbourg ayant une indéniable vocation internationale.

A la vue de cet état des lieux, on ne peut donc que convenir que la situation mérite un nouveau débat de haut niveau pour envisager des mesures à la fois à court terme, afin de mieux gérer la pénurie réelle en termes d’éducation internationale, et à moyen terme, pour surmonter l’évidente pénurie croissante de telles options éducatives si aucune action concrète n’est entreprise à l’avenir. Je vous prie en particulier de noter qu’il y a aussi une pénurie de places dans les sections internationales et à l’école Lucie Berger, les seules autres écoles offrant des cours en anglais mais sans diplôme alternatif au Baccalauréat français.
La question clé est le nouveau bâtiment de l’Ecole Européenne. Les plans actuels1 qui envisagent seulement d’accueillir 1000 élèves en total sont manifestement insuffisants, prévoyant l’incorporation de seulement 75-100 nouveaux élèves en moyenne par an face aux près de 500 demandes d’admission présentées chaque année à cette école. Nous sommes également conscients des nombreuses demandes pour les sections internationales et bilingues de l’école Lucie Berger et, bien que nous serions heureux d’élargir le débat sur les besoins éducatifs à Strasbourg, l’urgence première est à la discussion sur le projet de nouvelle Ecole Européenne car il en est encore au stade du choix d’un maître d’œuvre.

Nous sommes conscients des implications financières que le redimensionnement indispensable du futur bâtiment de l’Ecole Européenne aurait mais nous croyons fermement en la mission européenne de Strasbourg et plus largement en la valeur ajoutée apportée par ce type de scolarité européenne. Nous apprécions les efforts déployés par le gouvernement français pour financer intégralement l’école actuelle afin de la maintenir comme une école publique mais des initiatives innovantes qui pourraient répondre à l’actuelle pénurie ne devraient pas être bloqués par le statut actuel de l’école. Nous sommes convaincus que le soutien financier pourrait venir des personnes concernées puisque Strasbourg accueille des sociétés internationales, une université de renommée mondiale, des individus ainsi que des institutions européennes parmi lesquelles le Conseil de l’Europe, qui inclus notamment la Cour Européenne des Droits de l’Homme et la Direction Européenne pour la Qualité du Médicament.

Concernant le plus court terme, le choix difficile à l’heure d’allouer les rares places encore disponibles à l’Ecole Européenne cette année a apparemment conduit à une politique d’admission qui a privilégié les seuls enfants de citoyens des Etats membres de l’Union Européenne. Cela a causé beaucoup de ressentiment au sein de la communauté internationale à Strasbourg, qui accueille de nombreuses personnes de pays non membres de l’Union européenne, parmi lesquels des universitaires, des professionnels, des entrepreneurs et notamment des personnes travaillant pour le Conseil de l’Europe et les représentations permanentes de ses pays membres. Une définition claire des critères de sélection utilisés, ainsi qu’une transparence de leur application, permettrait d’éviter à l’avenir toute répétition de telle controverse et faciliterait la recherche de solutions alternatives pour les candidatures qui ne remplissent pas des exigences minimales ainsi clairement définies.

Pour mémoire, quand la création d’une école européenne à Strasbourg a été annoncée lors du Conseil des Ministres du 7 Septembre 2007, il a été indiqué par la Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes2 dans sa communication « Strasbourg. Ville Européenne » que:

    «Strasbourg a développé une coopération transfrontalière marquée par des actions exemplaires.
    Point de départ de l’aventure européenne, elle accueille de nombreuses institutions, telle que le Parlement européen, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne des droits de l’homme…
    La création prochaine d’une école européenne, répondant aux attentes des agents de ces institutions, …. affirmeront son statut de capitale européenne.»

C’est ce que nous espérons: des actions exemplaires, une coopération transfrontalière accrue, un réel engagement européen qui se traduisent par le développement d’une Ecole Européenne qui réponde réellement aux besoins de Strasbourg. Nous avons également écrit Mme Dubourg-Lavroff, Directrice. Direction des relations européennes et internationales et de la coopération, Ministère de l’Education nationale ainsi qu’au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, M. Jagland et d’autres personnalités concernées.

Au vue de l’urgence de renforcer l’offre d’enseignement international de qualité à Strasbourg et convaincue de l’attention que vous portez à ce sujet, l’Amicale du Conseil de l’Europe vous saurait grée, M. le Maire, de nous accorder une rencontre très prochainement afin d’explorer ensemble les différentes options envisageable.

Amicale Education

Cc:
M. Guy-Dominique Kennel. Président du Conseil Général du Bas Rhin
M. Philippe Richert, Président du Conseil Régional d’Alsace
M. Daul, Président, Groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates-Chrétiens)

M. Thorbjørn Jagland, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
M. Laurent Dominati, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de l’ Europe

Mme Sonia Dubourg-Lavroff, Directrice de la Direction des relations européennes et internationales et de la coopération du Ministère de l'Education nationale
Mme Armande Le Pellec-Muller, Recteur de l’Académie de Strasbourg
Mme Christmann, Secrétaire Général des Écoles Européennes
M. Gilles Vial, Chef de la délégation française au Conseil supérieur des Écoles Européennes
M. Denis Bittmann, Directeur des Etudes de l’École Européenne de Strasbourg
Mme Muriel Julien, Présidente de l’Association des parents d’élèves de l’école européenne de Strasbourg
Mme Madelena Grossmann, Présidente de Etoile Education

1 http://www.ee-strasbourg.eu/drupal/node/1233

2 http://lesdiscours.vie-publique.fr/pdf/076002613.pdf