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M. Laurent DominatiAmbassadeur
Représentant permanent auprès du Conseil de l’ Europe

Strasbourg, le 26 juillet 2011

Objet : École Européenne à Strasbourg : demande de création d’un groupe de travail pour l’adapter aux besoins présents et futurs

Désirée de longue date, l’École Européenne à Strasbourg a finalement ouvert ses portes en Septembre 2009 grâce à l’engagement des autorités françaises. Le succès immédiat de cette école a montré qu’elle répondait à un réel besoin pour ce type d’enseignement européen. Malheureusement, ces capacités d’accueil étant limitées, il est déjà nécessaire de trouver des ajustements capables de répondre de manière durable aux besoins des familles basées à Strasbourg.

Par conséquent, nous faisons appel à vous afin d’établir un groupe de travail chargé de réévaluer l’ensemble des possibilités d’éducation internationale à Strasbourg. Ce groupe de travail pourrait idéalement inclure le Ministère de l’Education, l’Inspection Académique, la Préfecture, la Ville de Strasbourg et les autorités régionales en charge de l’éducation, ainsi que les Institutions Européennes, y inclut le Conseil de l’Europe. En outre, il serait également utile d’élargir l’actuel Comité de Pilotage pour y inclure tous les acteurs concernés qui, à ce jour, en sont exclus.

Dans la lettre que nous vous avions adressée l’année dernière (voir la correspondance en annexe) nous vous avons alertée du fait que l’école était pleine après seulement deux années de fonctionnement. Cette année encore, plus de 250 élèves ont été refusés, dont certains avec des frères et sœurs déjà dans l’école et d’autres qui y ont candidaté trois ans de suite. Bien que ceci témoigne clairement de l’excellence de l’école, ce constat reflète également la forte demande pour ce type d’enseignement européen menant au Baccalauréat Européen tout en mettant en lumière l’insuffisance d’autres options locales disponibles, ce qui est dommage pour une ville comme Strasbourg ayant une indéniable vocation internationale.

A la vue de cet état des lieux, on ne peut donc que convenir que la situation mérite un nouveau débat de haut niveau pour envisager des mesures à la fois à court terme, afin de mieux gérer la pénurie réelle en termes d’éducation internationale, et à moyen terme, pour surmonter l’évidente pénurie croissante de telles options éducatives si aucune action concrète n’est entreprise à l’avenir. Je vous prie en particulier de noter qu’il y a aussi une pénurie de places dans les sections internationales et à l’école Lucie Berger, les seules autres écoles offrant des cours en anglais mais sans diplôme alternatif au Baccalauréat français.

La question clé est le nouveau bâtiment de l’Ecole Européenne. Les plans actuels1 qui envisagent seulement d’accueillir 1000 élèves en total sont manifestement insuffisants, prévoyant l’incorporation de seulement 75-100 nouveaux élèves en moyenne par an face aux près de 500 demandes d’admission présentées chaque année à cette école. Nous sommes également conscients des nombreuses demandes pour les sections internationales et bilingues de l’école Lucie Berger et, bien que nous serions heureux d’élargir le débat sur les besoins éducatifs à Strasbourg, l’urgence première est à la discussion sur le projet de nouvelle Ecole Européenne car il en est encore au stade du choix d’un maître d’œuvre.
Nous sommes conscients des implications financières que le redimensionnement indispensable du futur bâtiment de l’Ecole Européenne aurait mais nous croyons fermement en la mission européenne de Strasbourg et plus largement en la valeur ajoutée apportée par ce type de scolarité européenne. Nous apprécions les efforts déployés par le gouvernement français pour financer intégralement l’école actuelle afin de la maintenir comme une école publique mais des initiatives innovantes qui pourraient répondre à l’actuelle pénurie ne devraient pas être bloqués par le statut actuel de l’école. Nous sommes convaincus que le soutien financier pourrait venir des personnes concernées puisque Strasbourg accueille des sociétés internationales, une université de renommée mondiale, des individus ainsi que des institutions européennes parmi lesquelles le Conseil de l’Europe, qui inclus la Cour Européenne des Droits de l’Homme et la Direction Européenne pour la Qualité du Médicament.

Concernant le plus court terme, le choix difficile à l’heure d’allouer les rares places encore disponibles à l’Ecole Européenne cette année a apparemment conduit à une politique d’admission qui a privilégié les seuls enfants de citoyens des Etats membres de l’Union Européenne. Cela a causé beaucoup de ressentiment au sein de la communauté internationale à Strasbourg, qui accueille de nombreuses personnes de pays non membres de l’Union européenne, parmi lesquels des universitaires, des professionnels, des entrepreneurs et notamment des personnes travaillant pour le Conseil de l’Europe et les représentations permanentes de ses pays membres. Une définition claire des critères de sélection utilisés, ainsi qu’une transparence de leur application, permettrait d’éviter à l’avenir toute répétition de telle controverse et faciliterait la recherche de solutions alternatives pour les candidatures qui ne remplissent pas des exigences minimales ainsi clairement définies.

Pour mémoire, quand la création d’une école européenne à Strasbourg a été annoncée lors du Conseil des Ministres du 7 Septembre 2007, il a été indiqué par la Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes2 dans sa communication « Strasbourg. Ville Européenne » que:

    «Strasbourg a développé une coopération transfrontalière marquée par des actions exemplaires.
    Point de départ de l’aventure européenne, elle accueille de nombreuses institutions, telle que le Parlement européen, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne des droits de l’homme…
    La création prochaine d’une école européenne, répondant aux attentes des agents de ces institutions, …. affirmeront son statut de capitale européenne.»

C’est ce que nous espérons: des actions exemplaires, une coopération transfrontalière accrue, un réel engagement européen qui se traduisent par le développement d’une Ecole Européenne qui réponde réellement aux besoins de Strasbourg. Nous avons également écrit au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, M. Jagland, Mme Dubourg-Lavroff, Directrice, Direction des relations européennes et internationales et de la coopération, Ministère de l’Education nationale ainsi qu’au Maire de Strasbourg, M. Ries et d’autres personnalités concernées.

Au vue de l’urgence de renforcer l’offre d’enseignement international de qualité à Strasbourg et convaincue de l’attention que vous portez à ce sujet, l’Amicale du Conseil de l’Europe vous saurait grée, M. le Ambassadeur, de nous accorder une rencontre très prochainement afin d’explorer ensemble les différentes options envisageable.

Amicale Education

Cc:
Mr Thorbjørn Jagland, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
Mme Paulus, Secrétaire du Comité des Ministres
Mr Bjørn Berge, Directeur du cabinet du Secrétaire Général
Mme Louise BARTON, cabinet du Secrétaire général
Représentations permanentes auprès du Conseil de l’Europe


M. Paul Dahan, AmbassadeurReprésentant permanent auprès du Conseil de l’ Europe
Strasbourg, France

        Strasbourg, le 12 juillet 2010

Objet : Ecole européenne – au complet après seulement deux ans ?

M. l’Ambassadeur,

Nous souhaiterions attirer votre attention sur le fait qu’autour de 350 enfants, dont de nombreux enfants d’agents du Conseil de l’Europe et de la communauté diplomatique, ont reçu une réponse négative à leur demande d’inscription à l’Ecole européenne cette année.

Ces enfants espéraient pouvoir commencer leur cycle scolaire (primaire ou secondaire) dans la nouvelle école – la seule en France à offrir une éducation européenne permettant d’obtenir le prestigieux Baccalauréat européen. Une éducation pour laquelle le Conseil de l’Europe s’est fortement battu.

L’Ecole européenne de Strasbourg est devenue une réalité en septembre 2008 et a été inaugurée en présence de hauts représentants du gouvernement, de la Ville de Strasbourg et des autorités locales et régionales ainsi que des délégations et du Conseil de l’Europe. Où est cet engagement institutionnel aujourd’hui ?

Comment est-ce possible que la nouvelle école manque déjà les ressources nécessaires après seulement deux années d’existence ?

Nous vous invitons à vous engager auprès des autorités françaises compétentes pour donner à l’école une opportunité réelle de grandir et de devenir un véritable choix pour tous les parents et les enfants qui souhaitent bénéficier de ce type de scolarité. L’Ecole européenne de Strasbourg pourrait devenir un vrai phare de l’éducation européenne – un objectif pour lequel la France a travaillé pendant de nombreuses années.

Nous croyons que ce type d’éducation est la bonne direction à prendre et comptons sur votre soutien dans cette tâche importante.

Nous avons également écrit au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, M. Jagland, ainsi qu’au Maire de Strasbourg, M. Ries, le représentant de la France auprès du Conseil supérieur des Ecoles européennes, M. Vial et d’autres personnalités concernées.

Au nom de nombreux parents habitant à Strasbourg, Capitale de l’Europe.

        Amicale Education

CC :
Mme Paulus, Secrétaire du Comité des Ministres
Représentations permanentes auprès du Conseil de l’Europe

1 http://www.ee-strasbourg.eu/drupal/node/1233

2 http://lesdiscours.vie-publique.fr/pdf/076002613.pdf