Strasbourg 5-11 Octobre 2012

Forum mondial de la démocratie

Programme

Palais de l'Europe : Hémicycle

9h00

Ouverture officielle du Forum

par le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, M. Thorbjørn Jagland

Mot d'accueil par le Sénateur-Maire de Strasbourg, M. Roland Ries, au nom des collectivités territoriales

Allocution de M. Bernard Cazeneuve, Ministre délégué aux affaires européennes de la France

 

Allocutions de :
  • M. Ban Ki-moon, Secrétaire Général des Nations Unies
  • Mme Tawakkol Karman (Yemen), Prix Nobel de la Paix 2011

Session plénière

Palais de l'Europe : Hémicycle

10h30-13h00

Les marchés ont-ils besoin de la démocratie et réciproquement ?

Les effets de la crise financière américaine puis mondiale de 2008 se sont étendus à bon nombre de pays désormais engagés dans une récession durable. Des centaines de millions de personnes sont touchées directement par les conséquences des décisions prises sans contrôle démocratique par des institutions financières dont les responsables échappent à toute sanction. Le processus d'intégration européenne est remis en cause dans sa réalisation la plus symbolique, la monnaie unique, et certains prônent le retour aux monnaies nationales d'avant l'euro.

En dépit d'expériences réussies comme par exemple le Brésil ou l'Inde, qui ont su allier développement économique et consolidation démocratique, on assiste depuis plus d'une décennie à la montée en puissance sur la scène mondiale de pays qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les valeurs démocratiques tout en adoptant les principes de l'économie libérale de marché.

Ainsi s'est forgée l'idée que le développement économique et la conquête des marchés n'étaient pas nécessairement liés à la nature démocratique des institutions publiques. Le modèle occidental, liant développement économique et démocratie pluraliste, peut-il et doit-il évoluer pour faire face aux défis du XXIème siècle ? Comment répondre aux attentes des peuples qui subissent la loi du libéralisme sauvage qui ne profite qu'à une élite ? Comment prévenir et contenir les délocalisations qui génèrent un chômage croissant et empêcher le dumping social qui fausse la libre-concurrence ? De nouvelles règles du commerce mondial fondées sur l'éthique démocratique sont-elles utopiques ou au contraire sont-elles envisageables pour confirmer la démocratie comme bien commun de l'humanité ?

Présidence :
  • M. Jean-Claude Mignon (France), Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
Modérateur :
  • M. Daniel Tarschys (Suède), Professeur de sciences politiques à l'Université de Stockholm, ancien Secrétaire Général du Conseil de l'Europe
Intervenants :
  • M. Sali Berisha, Premier ministre d'Albanie, au nom de la Présidence du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe
  • M. Abdel-Ilah Benkiran, Chef du Gouvernement du Maroc
  • M. Othmar Karas (Autriche), Vice-président du Parlement européen
  • M. Masahiro Kawai (Japon), Doyen et Directeur général, Institut de la Banque asiatique du développement
  • M. Alexey Kudrin, ancien Ministre des Finances de la Fédération de Russie
  • M. Gérard Latortue, ancien Premier ministre de Haïti
  • M. Aristides Mejía, ancien Vice-président de la République du Honduras 
  • M. Wolfgang Schäuble, Ministre des Finances de la République fédérale d'Allemagne

Palais de l'Europe : Restaurant Bleu

13h15-14h45

Déjeuner-débat (sur invitation)
« Quelle démocratie après le printemps arabe ? »

Déjeuner-débat offert par le Secrétaire général du Conseil de l'Europe et le Président du Parlement européen

Introduction par les lauréats du Prix Sakharov 2011 :

  • Mme Asmaa Mahfouz (Egypte), militante et blogueuse
  • M. Ahmed al-Senussi (Libye), membre du Conseil national de transition
  • M. Ali Ferzat (Syrie), caricaturiste politique
Débat modéré par :
  • Mme Sylvie Kauffmann (France), « Le Monde »

13h15-14h45

 

Déjeuner au restaurant du Parlement européen pour les participants

 

Conférences thématiques

Palais de l'Europe : Hémicycle

A : Démocratie : valeur universelle ?

15h00-18h00


Deux décennies après la chute du communisme en Europe, le monde bipolaire a laissé la place à un monde multipolaire, avec l'émergence de nouveaux acteurs qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les valeurs classiques de la démocratie pluraliste.

Les mouvements de réforme démocratique engagés sur la rive sud de la Méditerranée et ailleurs dans le monde, se développent dans des environnements culturels spécifiques qui ne se reconnaissent pas dans les valeurs et modèles démocratiques occidentaux, sans que des alternatives claires aient réellement émergé.

La place de l'islam dans la société, et plus généralement les relations entre la religion et l'Etat, la laïcité et la séparation des sphères publique et privée font de plus en plus débat. La mixité sociale grandissante, le pluralisme ethnique et religieux qui caractérisent toutes nos sociétés, créent des tensions alimentées et exploitées par des forces politiques de tous bords. La crise économique n'a fait qu'exacerber les tensions sociales et d'aucuns se font les avocats d'un modèle de société qui privilégie le développement économique par rapport aux droits et libertés de l'individu.

Face à ces phénomènes, faut-il revisiter les principes essentiels de droits des individus? Les valeurs sur lesquelles sont fondées les sociétés démocratiques occidentales sont-elles toujours d'actualité ? Le respect de l'identité, des traditions culturelles ou convictions religieuses de chacun ne risque-t-il pas de remettre en cause les fondements mêmes des modèles démocratiques ? Existe-t-il des principes et valeurs intangibles qui transcendent les diversités ? Quels pourraient être les paramètres d'un hypothétique modèle de société démocratique dans lequel chacun pourrait se reconnaître au-delà des différences sociales, culturelles et autres ?

Présidence :
  • Sir Nicolas Bratza, Président de la Cour européenne des droits de l'homme
Intervenants :
  • M. Boris Akunin (Russie), écrivain, cofondateur de la Ligue des électeurs
  • Mme Souhayr Belhassen (Tunisie), Présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH)
  • M. Titus Corlatean, Ministre des affaires étrangères de Roumanie
  • M. Alvaro Gil-Robles (Espagne), ancien Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe
  • M. Vladimir Lukin, médiateur pour les droits de l'homme de la Fédération de Russie
  • M. Pietro Marcenaro (Italie), Président de la Commission des questions politiques et de la démocratie, Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
  • M. Federico Mayor (Espagne), Président de la Fondation pour la culture de la paix, ancien Directeur général de l'Unesco
  • M. Pierre Morel (France), Directeur de l'Observatoire Pharos du pluralisme des cultures et des religions, Paris
  • M. Diego Garcia Sayan, Président de la Cour interaméricaine des droits de l'homme

Palais de l'Europe : Salle 5

B : Valeurs virtuelles ? Démocratie et nouveaux réseaux sociaux

15h00-18h00


Le XXème siècle s'est déroulé dans l'attente de l'avènement du ‘village global' de Mc Luhan. Le XXIème siècle a démarré avec l'émergence de Facebook qui a profondément modifié les comportements de communication entre les individus. L'explosion technologique des médias est devenue un facteur majeur de changements politiques. Les révolutions « SMS » ont-elles pris la place des tanks ?

Chaque individu devient un acteur de la sphère médiatique globale et un émetteur d'information. Le journalisme citoyen s'est considérablement développé sur la toile, défiant les médias traditionnels.

Twitter et les autres médias sociaux ont ouvert un nouvel espace de liberté au sein duquel chacun peut s'exprimer. Les régimes totalitaires ont été ébranlés par ces nouveaux médias qui ont souvent précipité et contribué aux changements politiques, en fédérant la société civile.

En même temps, cette information immédiate, totalement subjective et sans recul ni analyse, peut être sujette à toutes formes d'exploitation ou de manipulations.

Doit-on réglementer cette nouvelle liberté ? Faut-il au contraire, laisser libre cours au développement de la blogosphère, au risque de dérives et débordements ? Peut-on et doit-on imposer une déontologie aux acteurs de la blogosphère ? Quelle attitude adopter quand les dirigeants d'un pays censurent ou manipulent ces nouveaux médias ? Quel comportement les acteurs économiques doivent-ils adopter, entre complicité et compromission au nom de la sauvegarde d'intérêts commerciaux, et résistance au nom des valeurs et principes démocratiques ?

Après les « révolutions 2.0 », comment passer de la contestation pacifique à la gestion des affaires ? Comment assumer les charges et responsabilités du pouvoir sans trahir les valeurs portées par ces révolutions ?

Présidence :
  • Mme Kim Campbell, ancienne Première ministre du Canada, Présidente du « World Movement for Democracy »
Intervenants :
  • M. Pavol Demeš (Slovaquie), Chercheur associé, « German Marshall Fund »
  • Mme Denise Dresser, Professeure de sciences politiques, Institut technologique autonome de Mexico
  • Mme Barbara Lochbihler (Allemagne), Présidente de la Sous-Commission des droits de l'homme du Parlement européen
  • Mme Asmaa Mahfouz (Egypte), militante et blogueuse, Prix Sakharov 2011
  • M. Krzysztof Olendzki (Pologne), historien et diplomate, ancien Vice-ministre de la culture et du patrimoine national
  • Mme Ana Maria Rodriguez Rivas (Espagne), Professeure de journalisme et de communication, Université Rey Juan Carlos, Madrid
  • M. Luca Volontè (Italie), Membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Président du Groupe du Parti populaire européen
  • M. Aalam Wassef (Egypte), blogueur et producteur vidéo
  • M. Mikhail Zygar (Russie), Rédacteur en chef, Chaine de télévision « Dozhd »

Palais de l'Europe : Salle 1

C : Un modèle pour tous ? Démocratie et mondialisation

15h00-18h00


Forgé au cours des siècles, le modèle de démocratie fondé sur une représentation du peuple élue librement, est de plus en plus confronté à des réalités nouvelles qui en contestent les fondements – et parfois même la légitimité. Les taux de plus en plus élevés d'abstention lors des élections, l'émergence de forces politiques contestataires – et parfois extrémistes – témoignent d'un discrédit croissant des formes traditionnelles de représentation démocratique.

En même temps, il existe une soif de participation au destin commun qui s'exprime par l'engagement citoyen dans toutes sortes d'associations et groupements d'intérêts, et par une explosion de la communication via les réseaux sociaux. Twitter va-t-il remplacer le bulletin de vote ?

La soif de participation à la vie de la Cité est un facteur positif qu'il convient d'encourager et soutenir. Toutefois, la collection d'intérêts particuliers qui s'expriment dans la société civile, ne peut se substituer à la représentation de l'intérêt général, responsabilité des institutions publiques qui doivent transcender les intérêts particuliers.

Comment réorienter le débat démocratique vers les institutions de représentation démocratique ? Comment ces institutions vont-elles s'adapter pour répondre aux nouveaux défis ?

Les institutions de représentation démocratique sont-elles armées pour répondre aux nouveaux défis de la mondialisation ? Comment adapter ces institutions à la dimension transnationale des problèmes et des enjeux ? Le cadre national (et même européen) est-il encore suffisant pour appréhender les problèmes et y apporter des solutions ? Quelles structures, quels mécanismes pour réintroduire le choix démocratique au niveau global ?

Présidence :
  • M. Gianni Buquicchio, Président de la Commission pour la démocratie par le droit ('Commission de Venise')
Intervenants:
  • M. Ashraf Ghani (Afghanistan), Président de l'Institut pour l'efficacité de l'Etat
  • M. Andreas Gross (Suisse), membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Président du Groupe socialiste
  • M. Willie Kwansing (Fidji), Secrétaire Général de la Chambre de Commerce et d'Industrie
  • M. Janez Lenarcic (Slovénie), Directeur du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE
  • Mme Jozefina Çoba Topalli (Albanie), Présidente du Parlement
  • M. Keith Whitmore (Royaume-Uni), Président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe

20h00

 

Dîner-buffet au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg (sur invitation)

1 Place Hans Jean Arp, Strasbourg

Sous le Haut patronage du Président de la République française

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