Le blanchiment de l'argent, c'est à dire le processus par lequel les délinquants donnent une apparence de légitimité à la source de produits du crime, constitue un phénomène en voie d'expansion et d'internationalisation croissante. Il risque d'affecter particulièrement les économies en cours de transformation, qui offrent d'importantes possibilités en termes d'investissements étrangers. Le cadre réglementaire auquel sont soumises les activités financières, qu'elles concernent le secteur bancaire ou non, est souvent moins strict dans ces pays que dans les autres, ce qui les rend vulnérables aux activités de blanchiment de l'argent. Étant donné les activités illégales variées, parmi lesquelles le blanchiment de l'argent, des organisations criminelles dans certains de ces pays et, ponctuellement, leur infiltration supposée dans l'ensemble de l'économie nationale, il apparaît de l'intérêt vital pour les pays en question de créer et de protéger un système financier crédible qui soit en mesure de détecter, de prévenir et de lutter contre le blanchiment de l'argent.

En outre, l'expérience récente a montré que les groupe terroristes organisés font également un usage abusif du système financier mondial pour financer leurs opérations illégales, d'où un grave risque pour les institutions financières d'être utilisées pour dissimuler l'argent du terrorisme. Les mesures visant à prévenir et dissuader le blanchiment d'argent doivent donc être étendues au financement lié au terrorisme.

La mise en place d'un système efficace de lutte contre le blanchiment de l'argent est, dans de nombreux pays, rendue possible par l'application de mesures nationales et internationales et leur suivi régulier par des organes internationaux, tels que le Groupe d'action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI).

Ce suivi, qui suppose une évaluation mutuelle des performances au sein de «groupes de pairs», permet d'améliorer considérablement la compatibilité entre les normes nationales et les principes internationaux applicables aux activités financières et à l'action des forces publiques et de la justice.

Dernier rapport consacré à l'Ile de ManDernier rapport consacré à l'Ile de Man

Les experts de MONEYVAL ont salué le système juridique mis en place sur l’île de Man pour combattre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme tout en exprimant certaines inquiétudes concernant son fonctionnement dans la pratique. Le rapport souligne la bonne coordination des politiques relatives au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme sur l’île.

Il indique que des réformes substantielles ont déjà été engagées dans ce domaine mais que des améliorations supplémentaires sont attendues. L'île de Man doit rendre compte à MONEYVAL dans la première plénière de 2018 de la mise en œuvre des recommandations de ce dernier, dans le cadre des procédures de conformité renforcées.