Crise économique et droits de l'homme

La crise économique s'est transformée en une nouvelle réalité politique placée sous le signe de l'austérité, qui menace plus de soixante ans de solidarité sociale et de développement de la protection des droits de l'homme dans les Etats membres du Conseil de l'Europe. Les mesures d'austérité exacerbent encore les graves conséquences, sur le plan humain, d'une crise marquée par un taux de chômage record. Elles portent atteinte à l'ensemble des droits de l'homme et touchent de manière disproportionnée de nombreux groupes sociaux vulnérables. L'aggravation de la pauvreté, notamment chez les enfants, et le chômage des jeunes risquent d'avoir des effets à long terme. La crise altère aussi la capacité de l'Etat et des collectivités locales à protéger les droits de l'homme.

Les droits de l'homme définissent un cadre normatif universel et des limites concrètes dont les gouvernements doivent tenir compte lorsqu'ils mettent en œuvre des politiques économiques et sociales. Les ombudsmans, les commissions des droits de l'homme et les organismes de promotion de l'égalité peuvent beaucoup contribuer à promouvoir des réponses à la crise, compatibles avec les droits de l'homme, et à protéger les personnes contre des mesures discriminatoires génératrices d'inégalités. Le Commissaire a diffusé des recommandations réalistes, qui proposent aux gouvernements une nouvelle voie, leur permettant de concilier leurs politiques de reprise économique avec leurs engagements en matière de droits de l'homme. Il est nécessaire de donner un nouvel élan au modèle social européen, fondé sur la dignité humaine, la solidarité intergénérationnelle et l'accès à la justice pour tous.