La municipalité de Rome devrait renforcer son action en faveur des Roms et des réfugiés

Lettre au maire de Rome

Strasbourg 11/12/2013

« La situation des Roms et des réfugiés en Italie constitue depuis longtemps un motif de préoccupation. Les autorités locales, y compris à Rome, ont un rôle important à jouer dans l'amélioration des conditions de vie de ces personnes », a déclaré aujourd'hui Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, en rendant publique une lettre adressée au maire de Rome, Ignazio Marino.

Dans sa lettre, le Commissaire attire l'attention du maire sur deux questions soulevées dans son rapport sur l'Italie publié en septembre 2012 : la ségrégation des Roms et des Sintés, d'une part, et les conditions de vie et l'intégration des bénéficiaires d'une protection internationale ou humanitaire, d'autre part.

« Je m'intéresse de près aux conditions de logement des Roms et des Sintés en Italie, y compris à Rome, afin de déterminer dans quelle mesure les expulsions forcées ainsi que les pratiques consistant à regrouper ces populations dans des campements qui leur sont réservés ont cessé. Il m'a été signalé que des Roms vivant dans des campements autorisés auraient des difficultés à obtenir un logement social. J'appelle la municipalité de Rome à faire en sorte que les Roms et Sintés vivant dans ces campements aient la possibilité de bénéficier d'un logement social dans les mêmes conditions que le reste de la population. »

Au sujet des familles roms expulsées du campement non officiellement autorisé de Salviati, en septembre 2013, et contraintes de s'installer dans le campement officiel de Castel Romano, le Commissaire note avec inquiétude que les habitants n'auraient pas été véritablement consultés, malgré leur volonté de dialoguer avec la municipalité. « Il n'a peut-être pas été dûment pris compte des normes internationales relatives au droit à un logement suffisant, selon lesquelles une expulsion ne peut intervenir qu'en dernier recours et doit toujours être assortie de garanties procédurales appropriées, dont une consultation approfondie. Il est temps de renoncer définitivement aux expulsions forcées et au regroupement des Roms et des Sintés dans des campements spéciaux et de permettre à ces populations de vivre dans des logements normaux. »

En outre, le Commissaire reste très préoccupé par la situation des réfugiés et des bénéficiaires d'une protection internationale ou humanitaire, dont beaucoup vivent dans un dénuement extrême. Concernant en particulier les habitants du « Selam Palace », qu'il a visité en juillet 2012, le Commissaire note avec satisfaction que le maire de Rome s'est rendu en personne dans ce bâtiment et que la situation s'est considérablement améliorée en ce qui concerne l'enregistrement du lieu de résidence. « Toutefois, des informations font état d'une augmentation du nombre de personnes vivant dans ce bâtiment ; elles seraient environ 1 250 et les conditions sanitaires se seraient encore dégradées. J'espère que des solutions adaptées seront trouvées et que les personnes concernées seront largement consultées. »

Dans sa lettre, le Commissaire souligne que l'intégration des réfugiés et des autres bénéficiaires d'une protection requiert une action urgente de la part du Gouvernement italien et des autorités régionales et municipales.

Lire la lettre du Commissaire en italien. 

La réponse de l'Adjointe en charge pour le soutien social et subsidiarité de la ville de Rome est disponible ici.