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La Serbie devrait mettre un terme aux conditions d'accueil dégradantes des demandeurs d'asile

Lettre au Premier Ministre de Serbie
headline Strasbourg 12/12/2013
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Visite du Commissaire à Bogovadja

Visite du Commissaire à Bogovadja

« La Serbie doit renforcer son système d'asile et ses capacités d'accueil pour faire face au nombre toujours croissant de nouveaux arrivants, notamment de personnes fuyant la guerre en Syrie. Le système d'asile serbe est en effet soumis à rude épreuve. J'ai pu le constater lorsque je me suis rendu en novembre dernier au centre d'accueil de Bogovadja, l'un des deux centres pour demandeurs d'asile du pays. Il est nécessaire de déployer des efforts supplémentaires pour que les droits de l'homme de toute personne ayant besoin d'une protection internationale soient pleinement respectés et protégés », a déclaré aujourd'hui Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, en rendant publique une lettre adressée au Premier ministre de Serbie, M. Ivica Dačić.

Lors de sa visite à Bogovadja, le Commissaire a constaté que les 160 places du centre étaient toutes occupées et que, faute d'autre solution, environ 230 demandeurs d'asile vivaient dans la forêt voisine, dans des tentes ou d'autres abris de fortune, sans aucune installation sanitaire. Il souligne dans sa lettre que cette situation est très grave et requiert une action urgente de la part des autorités serbes. « Une première étape consiste à faire en sorte que tout demandeur d'asile présent en Serbie soit hébergé dans des conditions conformes aux normes internationales. »

Le Commissaire note que, selon la législation serbe, les demandeurs d'asile doivent se faire enregistrer dans l'un des centres qui leur sont destinés. Toutefois, un certain nombre d'entre eux ne le font pas, notamment à cause de la capacité d'accueil insuffisante de ces centres. Le Commissaire note aussi avec inquiétude que même les demandeurs d'asile enregistrés qui déposent une demande n'ont pratiquement aucune chance de se voir accorder le statut de réfugié ou une protection subsidiaire. « Avec seulement trois personnes reconnues comme réfugiées depuis 2008, le taux de reconnaissance est proche de zéro en Serbie. »

Tout en saluant les efforts consentis, le Commissaire ajoute que « pour rendre le système d'asile plus efficace et conforme aux normes internationales, les autorités serbes devraient en particulier : augmenter la capacité des centres d'hébergement ; établir un mécanisme de sélection qui tienne compte des besoins de protection des demandeurs d'asile ; améliorer le fonctionnement du service d'asile et en faire une structure indépendante au sein du ministère de l'Intérieur ; améliorer la coordination entre le traitement des demandes d'asile et la gestion des questions d'hébergement ».

Enfin, le Commissaire fait part de son intention de demander aux donateurs internationaux, dont l'Union européenne, d'apporter une aide à la Serbie en matière d'asile. « Il appartient cependant aux autorités serbes de prendre l'initiative et de se montrer déterminées à garantir à tous les demandeurs d'asile des conditions d'accueil décentes et une protection effective des droits de l'homme. »