DEPUTY SECRETARY GENERAL

Gabriella Battaini-Dragoni

Deputy Secretary General

Mrs Battaini-Dragoni was born in Brescia, Italy on 13 August 1950. She was elected to the post of Deputy Secretary General in June 2012 and took up her duties in September 2012.

SPEECHES

International Conference on “The Pharmaceutical Industry and the Fight Against Doping: New Partnerships for Clean Sport”

Paris, 

Discours d'ouverture de Mme Gabriella Battaini-Dragoni
Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l'Europe

Embargo jusqu'au prononcé / seul le prononcé fait foi

Madame la Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative,
Monsieur le Directeur Général Adjoint de l'UNESCO,
Monsieur le Président de l'Agence Mondiale Anti-dopage
Monsieur le Président du Comité International Olympique,
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues,

C'est pour moi un honneur et un plaisir de vous souhaiter la bienvenue à cette Conférence internationale.

Avant toute chose, je tiens à vous remercier, Madame la Ministre, de nous accueillir en ces lieux prestigieux de la République française, mais aussi d'avoir engagé tous vos collaborateurs dont l'effort soutenu au cours des mois écoulés a rendu possible l'organisation de cet événement qui nous réunit aujourd'hui.

[Le rôle du Conseil de l'Europe]

Comme vous le savez, le Conseil de l'Europe est une organisation intergouvernementale qui regroupe 47 États membres européens. Notre but est d'œuvrer à la promotion des valeurs fondamentales européennes, que sont les droits de l'homme, la démocratie et la prééminence du droit.

Certes, le sport est un vecteur d'apprentissage de ces valeurs essentielles pour des générations de pratiquants, jeunes et moins jeunes, notamment à travers l'inculcation de l'esprit et des valeurs sportives et du respect de l'autre,  à travers la participation aux activités elles-mêmes ou aux organes contribuant  à structurer le mouvement sportif, du club local aux grandes fédérations internationales.

Cependant, pour une institution comme le Conseil de l'Europe, le sport est également un enjeu en matière de santé publique, de lutte contre la corruption et contre la criminalité organisée. Ces sujets importants sont traités au sein du Conseil de l'Europe par des entités comme la Direction Européenne pour la Qualité du Médicament (encore appelée Pharmacopée européenne), le Groupe Pompidou (qui lutte contre le trafic illicite de substances), le Groupe d'États contre la corruption (GRECO) dont tous les Etats membres du Conseil de l'Europe sont parties ainsi que les Etats-Unis, ou le Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC). Ces entités ont élaboré des instruments comme MEDICRIME, la Convention du Conseil de l'Europe sur la contrefaçon des produits médicaux et les infractions similaires menaçant la santé publique et, bien sûr, comme la Convention du Conseil de l'Europe contre le dopage. Et le conseil de l'Europe prépare actuellement une nouvelle Convention pour combattre les paris illégaux et les matchs truqués.

Je voudrais saluer la présence parmi nous de nombreuses délégations du Groupe de suivi de cette Convention contre le dopage, ainsi que celle de M. Parkinson, président du Comité européen ad hoc pour l'Agence Mondiale Anti-dopage, dont le rôle est d'assurer la liaison entre les différents organes du Conseil de l'Europe et l'Agence Mondiale Anti-dopage.
[Créer des nouveaux partenariats…]

Le Conseil de l'Europe dispose déjà de plusieurs outils et organes qui appuient de manière plus ou moins directe l'effort des États européens dans la lutte contre le dopage.

Cependant, pour le Conseil de l'Europe comme pour  l'ensemble des autorités publiques européennes, nous ne pouvons indéfiniment envisager de consacrer toujours et toujours plus de moyens. Dans la plupart de nos pays la situation économique est problématique, elle nous force à revoir nos méthodes de travail et à faire preuve de créativité, notamment en identifiant des synergies nouvelles avec des partenaires nouveaux.

C'est dans ce cadre que, tout naturellement, la question de la coopération entre les acteurs de l'industrie pharmaceutique et les autorités anti-dopage se pose comme un domaine particulièrement prometteur où se joue la possibilité de renforcer de manière significative la pertinence et l'efficacité de la lutte contre le dopage dans le sport.

[… pour améliorer l'efficacité de notre travail]

En effet, l'ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre le dopage a constaté un foisonnement sur le marché de nouvelles substances pharmaceutiques, de nouveaux médicaments.

Le Groupe de Suivi de la Convention du Conseil de l'Europe s'est penché sur cette question et, lors d'une réunion de son Groupe Consultatif sur la Science en mars 2010, a pris la décision d'organiser une conférence internationale sur le sujet, en coopération avec l'Agence Mondiale Anti-dopage. Je remercie vivement l'AMA d'avoir accepté de rejoindre cette initiative.

Ce foisonnement de substances pharmaceutiques et de médicaments peut, d'un côté, être la conséquence heureuse de l'action de l'industrie pharmaceutique et traduire une meilleure prise en charge de la douleur, de la souffrance et de la maladie dont on ne peut que se réjouir.

Mais elle peut être aussi la conséquence néfaste de l'action indésirable de contrefacteurs. Je tiens en effet à attirer votre attention sur le fait que nous ne parviendrons pas à maîtriser le flot incessant de nouvelles substances disponibles sur le marché uniquement en tentant de structurer un partenariat avec les acteurs industriels officiels. Il est nécessaire de prendre action envers les acteurs du marché noir et les contrefacteurs. Ainsi, je voudrais souligner l'importance d'un instrument juridique international comme la Convention MEDICRIME.

Afin d'assurer le succès de notre Conférence, il me semble indispensable d'œuvrer à une ratification large et rapide de cette Convention, y compris par des États non européens, tout en soulignant le rôle important que l'Agence Mondiale Anti-dopage peut jouer dans la promotion de cette Convention.

Mais il faut adresser l'ensemble de la problématique. A cet égard, je me réjouis de voir que cette Conférence a réuni, outre les acteurs institutionnels, un large panel de hautes personnalités représentant l'industrie du médicament. Avec vous, nous pourrons effectivement tenter de structurer de nouveaux partenariats, qui, dans un contexte budgétaire difficile, permettront de rendre l'action en matière de lutte contre le dopage toujours plus rapide, toujours plus pertinente et, donc, toujours plus crédible.

Madame la Ministre,
Mesdames et messieurs,

Je vous souhaite à toutes et à tous une journée agréable, fructueuse et enrichissante.