Conférence des Ministres européens responsables des Affaires culturelles - 20 - 22 octobre 2003 - Opatija, Croatie 

(Seul le texte prononcé fait foi)

Discours de Mongi Bousnina, Directeur général de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (ALECSO)

20 octobre 2003

Conscient de l'importance du dialogue entre les Etats arabes et l’Europe et convaincu de la nécessité de conjuguer nos efforts afin d’asseoir une culture de la paix fondée sur le respect mutuel, je saisis l’occasion de la tenue de cette Conférence pour exprimer, au nom de l’ALECSO, notre conviction profonde que le dialogue auquel nous croyons est le dialogue qui repose sur la reconnaissance de l’autre et le respect de ses spécificités, un dialogue refusant toutes sortes de domination, d’hégémonie ou de standardisation.

Les tristes événements de ce siècle commençant sont si poignants qu’ils nous interpellent tous. C’est qu’il ne suffit pas de condamner sans réserve la violence, il faut également en comprendre les raisons. Aucun autre moyen de faire face à ce déluge de préjugés qui s’abat sur le monde que d’instaurer des mécanismes nouveaux pour ériger un système de dialogue des cultures et des civilisations, nous rassembler autour de ce qui nous unit en jetant les bases éthiques et morales d’une diversité enrichissante pour tous.

Pour sa part, l’ALECSO a pris l’initiative d’organiser au mois de juillet 2002, à l’Institut du Monde arabe à Paris une Conférence sur le dialogue euro-arabe, qui a réuni plusieurs intellectuels arabes et européens, des décideurs politiques ainsi que des représentants d’Organisations mondiales et régionales, notamment des représentants de l’UNESCO et du Conseil de l’Europe.

La Déclaration de Paris émanant de cette rencontre a consacré le dialogue comme meilleur moyen de rapprocher les hommes et les peuples en renforçant les dénominateurs communs entre les cultures et les civilisations, dans leur riche diversité, de manière à surmonter les méfiances et les outrances.

Notre rôle majeur aujourd’hui est d’affirmer par delà une actualité brûlante et traumatisante, la vocation de la culture arabo-islamique qui, plusieurs fois millénaire, a toujours su prendre, sans jamais s’ôter à elle-même, et donner, en s’enrichissant sans cesse.

Ce faisant, notre Organisation traduit une volonté, celle du Monde arabe qui tend, aujourd’hui plus que jamais, la main à l’Europe, l’invitant à s’engager davantage, au-delà des vicissitudes de l’histoire, dans la voie de la coopération mutuelle pour une paix et un développement durable dans le Monde arabe et l’Europe. Pour ce faire, nous croyons fermement que l’éducation et l’information sont des facteurs essentiels pour soutenir cette vision et diffuser les valeurs d’équité, de reconnaissance de l’autre, de refus de la violence et de résistance au danger du repli sur soi.

A cet effet, nous nous félicitons de l’instauration d’une plate-forme de coopération et de dialogue euro-arabe grâce aux échanges fructueux entre l’ALECSO et le Conseil de l’Europe. L’octroi récent du statut d’observateur auprès du Conseil de l’Europe à notre Organisation, à l’instar de l’UNESCO, permettra, j’en suis convaincu, d’instaurer un partenariat tripartite prometteur pour le bien de nos pays et de nos peuples.