Conference of the European Ministers of Culture - 20 - 22 October 2003 - Opatija, Croatie 

(To be checked against delivered speech)
(French version only)

Adress by Xavier Montané Atéro, Minister of Culture of Andora

Working session 3 : Governance and inter-sectorial cooperation
Cultural policy and migration

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,

C’est un grand honneur pour moi de participer, en ce lieu exceptionnel d’Opatija, en tant que Ministre de la Culture de la Principauté d’Andorre, à cette conférence sur le nouveau rôle et les nouvelles responsabilités des ministres de la Culture pour engager le dialogue interculturel dans le respect de la diversité.

Je voudrais mettre à profit le temps qui m’est imparti pour aborder le rapport entre les politiques culturelles et les migrations du point de vue d’un petit pays.

En ces temps de changements et de profondes mutations, caractértisés par les processus de globalisation qui ont dilué la signification des frontières, des tensions sociales et des conflits apparaissent dont certains semblent découler, sans nul doute, des processus migratoires. La composition de nos populations se transforme.

Les processus migratoires et nous avons souvent tendance à l’oublier font partie des processus historiques et restent conditionnés par des politiques dépassant l’action individuelle et le cadre de l’Etat. C’est la raison pour laquelle ils doivent être abordés dans une perspective transnationale et globale. A cet égard, la tenue de ce forum est aussi opportune que nécessaire si nous souhaitons penser l’Europe comme l’espace de la diversité et du dialogue interculturel.

Ainsi, afin de mettre un terme aux tensions et aux conflits et d’éviter de nouveaux affrontements, nous devons croire à la construction d’une société respectueuse de la diversité culturelle qui doit se fonder sur le dialogue, la tolérance et l’éducation interculturelle, mais également sur la transmission d’une culture de paix en tant que pièce maîtresse et élément de base de nos sociétés. Comme le montre la lecture de notre histoire, en Andorre nous avons toujours apprécié à sa juste valeur le sens de la paix car nous n’avons jamais connu de guerre. Nous croyons fermement que les valeurs démocratiques acquises pendant le dernier siècle doivent être la garantie pour construire l’Europe de la diversité et, en même temps, l’Europe de l’égalité.

Probablement, quand nous parlons de politiques culturelles et de processus migratoires, nous oublions parfois de reconnaître que notre société et notre identité sont le résultat de transformations continues dérivées de la communication et de l’échange culturel. Cependant, si nous parlons de politiques interculturelles, des moyens de faciliter le dialogue entre cultures, nous défendons l’interrelation entre cultures diverses, ce qui implique, inévitablement, des changements et des transformations significatifs. Autrement dit, le dialogue interculturel passe par la « déconstruction » du mythe de l’identité homogène et immuable de nos sociétés et par la construction d’une identité fondée sur la différence et le changement. Cette démarche est complexe, mais elle représente notre chance de réussite .

Notre petit pays, l’Andorre, de 468 km2, qui compte 70.000 habitants, est un exemple de diversité : plus de quatre-vingts nationalités diifférentes, des religions et des croyances diverses y cohabitent, de même que différentes langues y sont parlées. Dans le contexte actuel de croissance et de changements, l’expression identitaire de la société et de la culture andoranne change. C’est un moment complexe dans lequel des situations et des sentiments, parfois opposés, se mélangent, comme par exemple la peur de la perte de l’identité propre face à l’arrivée des gens venus d’endroits différents, le besoin d’intégrer ceux qui arrivent tout en respectant leur « bagage » culturel, et en même temps, de faire face au courant homogénéisateur de ce monde globalisé et globalisateur. Nous sommes conscients que, dans notre société caractérisée par la diversité, comme dans beaucoup d’autres, la cohabitation est teintée d’une forte segmentation des relations humaines que génèrent les différences à caractère socio-économique et à caractère ethnique, culturel et religieux.

Cependant, il est évident que nous ne pouvons pas aborder l’immigration du point de vue de ceux qui arrivent et oublier ceux qui étaient déjà là. Nous ne voulons et nous ne pouvons pas nier la réflexion à mener sur nous-mêmes en tant que société d’accueil, sur notre capacité d’intégration et d’adaptation. Etre Andorran et vivre en Andorre est de nos jours une réflexion ouverte dans notre pays. Du point de vue de l’action politique, nous sommes convaincus de la nécessité de créer et de promouvoir des politiques encourageant le dialogue interculturel et aidant à bâtir une identité andorrane dans laquelle la différence aura sa place. Nous souhaitons que notre pays démocratique devienne un territoire de cohabitation pour des citoyenscaractérisés par la diversité.

Pour conclure mon intervention, je voudrais souligner le fait que nous sommes ici pour réfléchir ensemble sur la responsabilité des gouvernements pour faire en sorte que les politiques culurelles puissent faire face aux processus migratoires qui accentuent les différences déjà existantes dans nos territoires. Avec cet objectif, nous devons réétudier nos sociétés caractérisées par la diversité des origines, des langues et des cultures, mais aussi par leur capacité de changement. A cet égard, nous devons imaginer et rechercher de nouvelles stratégies et, si nécessaire, créer des espaces de rencontre et d’interaction dans le but de construire un dialogue permettant de parvenir à une cohabitation harmonieuse et pacifique.

Merci.